Simone Veil, la combattante éternelle

 

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5 juillet 2017

http://frblogs.timesofisrael.com/simone-veil-la-combattante-eternelle/

Un visage clair, un regard profond, un chignon impeccable, une voix douce et ferme à la fois. Madame Simone Veil a incarné comme personne la dignité, le courage, la force, l’éthique, la pudeur, la beauté. Simone Veil, née Jacob, s’est éteinte le 30 juin dernier à l’âge de 89 ans après un destin hors du commun nourri d’une histoire exceptionnelle qui a traversé le siècle.

Les atrocités de la guerre, la Shoah et les six millions de juifs assassinés parce que juifs, l’ont durement meurtri dans sa chair et dans son âme, et façonneront sa vie, ses engagements et ses combats. Combat pour la Mémoire, combat pour les droits des femmes, combat pour l’Europe. Elle y consacrera chaque jours, jusqu’au dernier.

Née le 16 janvier 1927 à Paris, Simone Jacob est arrêtée par la Gestapo et déportée à l’âge de 16 ans, au lendemain de son baccalauréat, avec ses parents et sa famille à Auschwitz-Birkenau, puis à Bergen-Belsen au terme de la sinistre marche de la mort. Rescapée après la libération du camp avec seulement l’une de ses sœurs, elle revient à Paris, s’inscrit à la Faculté de Droit et à l’Institut d’Etudes Politique, y rencontre son mari Antoine Veil et devient magistrate. En 1970, elle devient la première femme à accéder au poste de Secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Quelques années plus tard, en 1974, elle devient la première femme ministre de la santé et défendra alors au Parlement, après des débats d’une férocité rare à son encontre, la loi contre l’IVG qui portera son nom. Avec son discours prononcé à la tribune de l’Assemblée Nationale, et qui y raisonnera pour longtemps, Simone Veil rentre dans l’histoire. En 1979, elle est élue première Présidente du Parlement européen jusqu’en 1982. Malgré une histoire personnelle et intime si tragique, la réconciliation franco-allemande sera son combat dès 1945 et le restera toute sa vie avec plus largement celui de la construction d’une Europe forte pour la paix. A nouveau ministre en 1993, elle entre au Conseil Constitutionnel en 1998. De 2000 à 2007 elle est la première Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah où elle se battra avec force pour ne rien céder à l’oubli. A partir de 2007, Simone Veil se retire progressivement de la vie politique et publie sa biographie « Une vie », où elle raconte pour la première fois son histoire et celle de sa famille. L’ouvrage est traduit dans une quinzaine de langues.  En 2008, elle est élue à l’Académie française et rentre sous la Couple le 18 mars 2010 devenant alors, après une vie d’une richesse et d’une intensité sans précédent, une immortelle. Elle prononcera ce jour-là un  discours qui restera dans l’histoire, rendant notamment un hommage vibrant et émouvant à ses parents déportés. À la mort de son mari, en avril 2013, avec qui elle aura passé 67 ans de complicité profonde entourés de leurs enfants et petits-enfants qui comptaient tant pour elle, Simone Veil se retire définitivement de la vie publique.

Malgré les tragédies et les blessures indélébiles qui l’ont frappées à jamais et qui ont noirci sa vie, malgré cette douleur sourde qu’elle a toujours portée en elle, Simone Veil a survécu, a témoigné et a tiré les leçons pour bâtir l’avenir, porteuse d’une espérance et d’un futur. Ayant vu ce que l’Homme pouvait faire de pire, elle n’a eu de cesse de vouloir en tirer le meilleur. Simone Veil n’a jamais transigé en rien sur la défense  des valeurs de la République, des valeurs humaines, et des valeurs du judaïsme si profondément ancrées. Dans le texte « Je suis juive » écrit en 2005, Simone Veil avait écrit : «Cela suffit pour que jusqu’à ma mort, ma judéité soit imprescriptible. Le kaddish sera dit sur ma tombe. ».

Autorité morale reconnue bien au-delà de nos frontières, éloignée de toute idéologie, engagée en permanence contre la souffrance et pour la justice, elle a incarné ce que la France défend et porte de plus beau et de plus noble du plus profond de son histoire. Par ses engagements pour la liberté et par ses actions pour la construction d’un monde meilleur, Simone Veil a durablement influencé plusieurs générations de citoyens. Respectée et admirée de tous, elle a été le personnage public le plus populaire des français durant des décennies. Elle n’a cessé, et ne cessera, de susciter la fascination. Simone Veil a été l’honneur et la fierté notre pays et de la communauté juive qui ont perdu un être d’exception comme il en existe peu dans une génération. La cérémonie d’hommage national dans la cour d’honneur des Invalides le 5 juillet, d’une émotion intense, en présence du Chef de l’Etat, de ses prédécesseurs, et de tous les représentants de la République et de nombreux pays européens était bouleversante sous le son de la Marseillaise, de l’Hymne à la joie et du chant des partisans. Un moment fort à la hauteur de la perte irremplaçable de cette géante de notre temps. La France a rendu dans l’union un hommage unanime à celle qui aura marqué près d’un siècle de l’Histoire. Simone Veil faisait partie de notre patrimoine, de notre histoire, de nos familles. L’émotion et la tristesse partagées par tout un pays mettront du temps à se dissiper. Simone Veil était immensément française. Avec son époux Antoine, elle reposera au Panthéon comme témoignage de son apport majeur à la nation.

Les combats de Simone Veil sont éternels. Sa force, sa détermination, sa vision sont éternelles. Son regard et son sourire sont éternels. Michel Onfray a dit de Simone Veil qu’elle faisait partie de « ces gens qui ont rencontré l’Histoire, qui ont modifié l’Histoire ».

Un phare s’est éteint. Une page s’est tournée, l’une des plus belles de notre histoire contemporaine. Mais ce que Simone Veil y a écrit durant toutes ces décennies de combats doit être poursuivi. Le Président de la République Emmanuel Macron a rappelé le 5 juillet aux Invalides dans son discours d’hommage que « les victoires qui ont été les siennes ne sont pas acquises pour toujours ».

A l’heure où les derniers témoins de l’indicible s’éteignent, il est de notre devoir comme témoins des témoins de poursuivre ce travail sans fin que fut celui de Simone Veil pour que la mémoire ne soit jamais altérée et pour qu’elle soit mise au service de la lutte contre tous les génocides. Au-delà du travail de Mémoire et de vigilance qui ont guidé sa vie, elle se sera battue au quotidien avec force, courage et intelligence pour éradiquer la haine et la bêtise qui l’ont si souvent prise pour cible. L’ironie de l’histoire voudra que Simone Veil nous a quitté deux jours avant le premier anniversaire du décès d’Elie Wiesel, l’autre témoin infatigable de la Shoah avec qui elle aura milité durant toute une vie contre l’oubli et pour la vérité. Elle déclara un jour « J’ai le sentiment que le jour où je mourrai, c’est à la Shoah que je penserai ».

A l’heure où le renouvellement politique est à l’œuvre dans notre pays et où une nouvelle génération de responsables publics prend les rênes du pouvoir, cette vie de luttes,  de colères, de convictions, de détermination doit être un exemple et un chemin pour demain.

A l’heure où notre société a parfois tant besoin de lumière, de vision et de courage, il est désormais de notre responsabilité à tous d’agir pour que la flamme et la lumière de ses combats contre la haine, contre l’antisémitisme et contre l’obscurantisme continuent à être portées par les générations à venir. C’est le plus bel hommage que nous pourrons rendre à cette grande dame qui a tiré sa révérence pour la dernière fois.  Nous sommes tous riches de ce que Simone Veil nous laisse en héritage. Soyons en dignes.

Comme l’a dit Jean d’Ormesson lors de l’entrée de Simone Veil à l’Académie française, « Nous vous aimons, Madame». Oui, pour ce que vous avez été, pour ce que vous avez fait, pour ce que vous laissez, nous vous aimons, Madame.

PM

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« Je suis juive »

Née et élevée au sein d’une famille française de longue date, j’étais française sans avoir à me poser de question. Mais être juive, qu’est-ce que cela signifie pour moi comme pour mes parents, dès lors qu’agnostique – comme l’étaient déjà mes grands-parents – la religion était totalement absente de notre foyer familial ?

De mon père, j’ai surtout retenu que son appartenance à la judéité était liée au savoir et à la culture que les juifs ont acquis au fil des siècles en des temps où fort peu y avaient accès. Ils étaient demeurés le peuple du Livre, quelles que soient les persécutions, la misère et l’errance.

Pour ma mère, il s’agissait d’avantage d’un attachement aux valeurs pour lesquelles, au long de leur longue et tragique histoire, les juifs n’avaient cessé de lutter : la tolérance, le respect des droits de chacun et de toutes les identités, la solidarité.

Tous deux sont morts en déportation, me laissant pour seul héritage ces valeurs humanistes que pour eux le judaïsme incarnait.

De cet héritage, il ne m’est pas possible de dissocier le souvenir sans cesse présent, obsédant même, des six millions de juifs exterminés pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Six millions dont furent mes parents, mon frère et nombre de mes proches. Je ne peux me séparer d’eux.

Cela suffit pour que jusqu’à ma mort, ma judéité soit imprescriptible.

Le kaddish sera dit sur ma tombe.

Je suis juive. Simone VEIL

Le 7 mai, contre l’extrême droite, pour Emmanuel Macron

Elections

26 avril 2017

Tribune publiée dans The Times of Israel

http://frblogs.timesofisrael.com/le-7-mai-contre-lextreme-droite-pour-emmanuel-macron/

Je voterai sans états d’âme pour Emmanuel Macron le 7 mai et pour repousser l’extrême droite qui est une menace pour la République.

Que les candidats extrémistes aient rassemblé plus de 40% des suffrages le 23 avril, que la candidate FN soit qualifiée pour le second tour avec plus d’un million de voix de plus qu’en 2012, et que la réaction de la société à ce choc soit aussi timorée est déjà une honte pour notre pays. Sa victoire serait un chaos inenvisageable.

Le président de l’Etat d’Israël Reuven Rivlin a récemment accusé la candidate d’extrême droite de participer à un nouveau genre de négationnisme en rejetant la responsabilité de population ou de gouvernements dans la Shoah.

A cet égard, Marine Le Pen a placé à la tête du FN le temps de la campagne un personnage des plus sulfureux, Jean-François Jalkh, qui en 1991 a commémoré la mort de Philippe Pétain à l’église traditionaliste de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, et qui a tenu en 2005 des propos négationnistes et révisionnistes ignobles dans la plus pure tradition de l’extrême droite, niant notamment l’utilisation du Zyclon B dans la Shoah.

Voilà la personne de confiance choisie sereinement par la candidate d’extrême droite pour la remplacer à quelques jours du second tour. A ceux qui argumentent honteusement depuis des mois et des années pour justifier leur vote que le FN a changé, la réalité apparaît comme terriblement évidente.

Non, le FN a été, est, et restera un parti extrémiste composé de membres nauséabonds qui portent au plus profond d’eux-mêmes la haine des juifs. En choisissant ce sinistre personnage, Marine Le Pen le signe et le confirme au grand jour. Ces gens-là haïssent ce que nous sommes, ce que nous représentons, nos valeurs et notre histoire.

Aux citoyens français juifs tentés de mettre (ou de remettre) un bulletin de vote FN dans l’urne le 7 mai, soyez bien conscients que vous choisissez là une ennemie viscérale de notre Peuple, malgré toutes les tentatives fourbes et vicieuses qu’elle a employées depuis des années pour le faire oublier.

6 millions de raisons vous interdisent de faire ce choix immoral et impardonnable.

Votons tous massivement, et appelons à voter dimanche 7 mai, contre l’extrême droite et pour Emmanuel Macron. Quelques que soient nos sensibilités qui pourront s’exprimer à nouveau par la suite. L’abstention est complice du pire. Pour l’heure, le seul choix à faire est celui de la République, de la démocratie, et de nos valeurs d’humanisme et de fraternité. Ce sont nos joyaux les plus précieux. Les seuls qui vaillent. Ils nous garantissent ce qu’il y a de plus cher, la liberté. Ne les bradons pas. Ne les perdons pas. Restons mobilisés plus que jamais contre la haine et pour notre avenir et celui de nos enfants. L’Histoire nous regarde.

Post-débat

 

5 avril 2017

J’entends beaucoup de critiques contre le débat d’hier soir. On ne pouvait guère attendre mieux d’un débat à onze, un exercice qui ne s’est jamais produit jusque là, et où tous les candidats ont le même temps de parole limité à 17′ chacun. Il a eu le mérite d’exister. Pour le reste, participer à la curie contre les politiques n’est sans doute pas le meilleur moyen de lutter contre les extrêmes qui ne se nourrissent que de cela. A l’issue de ce débat, et à moins de vingt jours du premier tour, il est encore grand temps, quelles que soient les sensibilités de chacun qui sont bien entendu respectables, de tous se mobiliser pour un 2nd tour républicain et à la hauteur des enjeux, Fillon-Macron, qui jetterait l’extrême droite et l’extrême gauche hors des radars et qui sauverait l’honneur du pays. C’est sans doute plus important que l’issue finale de l’élection.

Les amis gênants de Marine Le Pen

 

Vardon

31 mars 2017

Philippe Vardon, ancien leader du Groupe Identitaire, groupuscule ultra radical et violent d’extrême droite qui prône « l’Europe blanche », faisant partie du milieu skinhead aux thèses neo-nazis viscéralement antisémites et révisionnistes, condamné à six mois de prison pour violence, a rejoint le FN en 2015, a été élu dans l’équipe de Marion Maréchal Le Pen aux élections régionales et est désormais dans les soutiens proches de Marine Le Pen.

Même JM Le Pen avait toujours fermé la porte à cet extrémiste infréquentable. Récemment, un des conseillers régionaux FN d’Alpes Maritimes, Benoît Loeuillet, ami proche de Vardon et provenant également du Groupe identitaire, a été suspendu pour propos révisionnistes.

Oui, Le FN a changé. Il est encore plus dangereux qu’avant, car plus sournois. Loin du beau toilettage médiatique de dediabolisation que ses dirigeants veulent nous vendre, Le FN est et demeure attaché à l’extrême droite haineuse et violente qui a toujours existé dans notre histoire avec son idéologie nauséabonde. Lui barrer la route le 23 avril et le 7 mai prochains est plus vital que jamais.

Ca ne sent vraiment pas bon

 

15 mars 2017

Cette élection présidentielle devient écœurante. Pestilentielle. Entre les « affaires », de la mise en examen de Fillon à l’étonnante évaporation des revenus de Macron, en passant par les problèmes avec le fisc et la justice de Le Pen, l’absence de respect de la démocratie avec tous ces perdants aux primaires de la gauche qui refusent de respecter le choix des électeurs et leur parole donnée, les ralliements et les défections au gré des sondages et loin de toute conviction, les déclarations nauséabondes de Mélenchon, l’absence totale de débat de fond, on étouffe. Au secours. Quel que soit le résultat du 7 mai, les traces seront profondes et durables. La zone de turbulences est très loin d’être terminée.

A 60 jours …

 

24 février

L’alliance Macron-Bayrou risque fort d’accélérer les manœuvres Hamon-Mélanchon. Ce qui constituerait un virage grave. Et pendant ce temps-là, l’extrême droite grappille du terrain tous les jours et reste largement en tête. Cette campagne est folle. On est loin du bout. Les risques restent majeurs. Plus que jamais, à 60 jours du scrutin, la mobilisation contre les extrêmes et pour les candidats démocrates et républicains doit être forte. Ne pas se tromper de combat.

macronFillon

Crime contre l’Humanité

 

16 février 2017

A l’attention de Monsieur Emmanuel Macron :

Un crime contre l’humanité est une incrimination créée en 1945 dans le statut du Tribunal militaire de Nuremberg, établi par la Charte de Londres (art. 6, c).

Il désigne une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ».

Plus tard, l’article 7 du Statut de Rome définit onze actes constitutifs de crimes contre l’humanité, lorsqu’ils sont commis « dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile » :

– le meurtre ;
– l’extermination ;
– la réduction en esclavage ;
– la déportation ou le transfert forcé de population ;
– l’emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international ;
– la torture ;
– le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable ;
– la persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour ;
– la disparition forcée de personnes ;
– le crime d’apartheid ;
– d’autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale.

Le B’nai B’rith France réaffirme son opposition à tout contact avec le Front National

 

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10 février 2017

Le B’nai B’rith France rappelle qu’au même titre que les principales institutions représentatives des juifs de France, il s’oppose fermement et sans aucune ambiguïté à tout contact avec le Front National.

L’histoire, les positions et les alliances du Front National vont à l’encontre des valeurs que le B’nai B’rith France porte et défend avec force depuis toujours. Dans un contexte dominé par les difficultés économiques et sociales, par la montée des égoïsmes, par la peur, par les tentations de repli, la défense des valeurs de la République doit l’emporter.

A ce titre, le B’nai B’rith France condamne avec force la rencontre qui s’est récemment tenue entre des responsables d’une association juive et des dirigeants du Front National, une rencontre inqualifiable qui démontre un manque de sens de responsabilité politique des ses initiateurs et une tentative d’instrumentalisation des Français Juifs par le Front National.

Crise ou fin de régime ?

 

The French National Assembly (Assemblée Nationale) is the lower house of the bicameral Parliament of France under the Fifth Republic. The official seat of the National Assembly is the Palais Bourbon on the banks of the river Seine in Paris.

9 février 2017

Article paru dans « The Times of Israel »

http://frblogs.timesofisrael.com/crise-ou-fin-de-regime/

 

Pour la première fois dans la 5ème république, les grands partis de gouvernement traditionnels pourraient être absents du second tour de l’élection présidentielle. Il ne s’agit pas ici de le condamner ou de s’en réjouir, mais d’analyser une situation inédite à tous les égards.

Notre régime politique, né en 1958, dure depuis près de soixante ans. Il est l’un des plus long et les plus paisible que nous ayons connu depuis la révolution française. La première république avait duré douze ans, de 1792 à 1804. S’en est suivi une phase de tentatives éphémères et instables de changements de régimes. La seconde république, née en 1848 était morte au bout de quatre ans seulement. La troisième, de 1870 à 1940, a certes duré mais s’est achevée dans le sang et dans la honte. La quatrième, née aux lendemains de la guerre en 1946 s’est effondrée douze ans plus tard seulement.

Notre régime actuel a duré dans la stabilité, mais semble désormais usé, ou pour le moins remis en cause.

Face à un monde qui a tant changé ces dernières années, face aux effets de la globalisation et des progrès technologiques inouïs, face à une crise économique qui s’installe, face aux menaces mondiales de toutes sortes – sécuritaires, démographiques ou financières – face aux nombreuses alternances politiques qui n’ont pas convaincu depuis trente-cinq ans, une volonté de changement en profondeur monte en puissance. Changement d’hommes et de femmes, de génération, de discours, de méthode.

Cette volonté de « renverser la table », d’une façon ou d’une autre, née d’une société fracturée et d’un modèle politique et social à bout de souffle, se repend dans l’inconscient collectif de notre société comme une traînée de poudre. Elle explique la folle campagne électorale que l’on vit aujourd’hui. Les repères changent. Les barrières tombent. Tout va très vite. Le monde nous observe, mais une telle évolution est visible partout depuis quelques mois. Aux Etats-Unis, en Europe ou ailleurs, les partis traditionnels et ce qu’ils représentent sont contestés, voir rejetés, et avec eux leurs dirigeants et leurs idées. Et ce supposé réveil des peuples constaté ici ou là, avec toutes les conséquences qui en découlent, ne se focalise pas simplement sur la recherche d’hommes neufs, mais sur la volonté de tester un système nouveau. Il n’en faut alors pas beaucoup plus pour que ne tentent de s’engouffrer dans la brèche des aventuriers, des apprentis sorciers, des démagogues, ou finalement des extrémistes.

Nous n’en sommes pas encore là en France, mais de seulement envisager que de tels scénarios vus ou approchés ailleurs pourraient un jour ou l’autre se concrétiser est déjà inédit en soi, et non sans risques pour notre avenir. On sait ce qui est rejeté ; on ignore encore, ou on craint, ce qui pourrait le remplacer. La véritable question sur le « plan B » est de savoir quelle alternative pourrait succéder à ce régime politique qui, malgré tout, a permis depuis des décennies notre développement dans la paix et la stabilité. La réalité est qu’à ce jour, il n’y en a certainement pas de crédible et de solide. Le changer ouvrirait la porte à une aventure au mieux incertaine, au pire dangereuse. Le modifier apparaît comme le seul moyen de continuer à bénéficier de ses atouts indéniables, tout en en dissipant les faiblesses et en en soignant l’usure.

Les défenseurs de notre modèle de société, de sa cohésion, de ses valeurs, menacées par cette vague de fond insaisissable et imprévisible, ont aujourd’hui la lourde responsabilité de proposer rapidement les remèdes pour le sauvegarder et le pérenniser . Avant qu’il ne soit trop tard. Et le temps presse.

Alors certes, dans un contexte aussi mouvant, l’opinion publique se montre instable, rendant les sondages si impuissants à la mesurer, et le scénario d’un tel grand bouleversement ne sera peut-être pas pour tout de suite. Mais si ce n’est pas pour cette fois, combien de temps encore cette vague pourrait-elle être contenue ?

Crise ou fin de régime ? C’est tout le débat et tout l’enjeu de cette élection qui approche, et de ses lendemains. Quel que soit le résultat, rien ne s’arrêtera le 7 mai prochain.

La justice et la démocratie avant tout

 

3 février 2017

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http://frblogs.timesofisrael.com/la-democratie-et-la-justice-avant-tout/

Dans notre société hyper-médiatisée, tout doit aller vite, toujours plus vite. L’information, vérifiée ou non. Les réactions, préparées ou non. Les décisions, réfléchies ou non. Le bruit compte plus que les faits, l’assertion passe avant la vérité, l’urgence l’emporte sur le temps.

Et pourtant, loin des calculs et de l’arbitraire, il doit y avoir avant toute autre chose le respect de la démocratie et de la justice.

Le respect de la démocratie, ce n’est pas demander dans la hâte d’annuler le vote de millions de citoyens, sous l’effet de la panique, des doutes et des peurs. 

Le respect de la justice, ce n’est pas tirer des conclusions hâtives, sur les seuls dire d’un journal, avant même toute décision des juges sur la légalité ou non des faits incriminés, faisant fi d’un pilier central de notre état de droit, la présomption d’innocence. La vérité et la morale ne se décrètent pas sur des plateaux de télévision. Une fois la justice rendue, il est toujours temps de prendre les décisions qui s’imposent. 

La sérénité doit l’emporter sur l’hystérie collective. Se précipiter pour chasser le gibier avec la meute est toujours indécent et dangereux. L’histoire l’a montré tant de fois. On ne joue pas avec des allumettes sans se soucier du feu que l’on peut allumer.

Justice et démocratie. Deux fondements de notre société et de nos valeurs républicaines qui doivent être préservés en toutes circonstances, envers et contre tout.

Justice et démocratie. Deux axes cardinaux, la force et la grandeur d’une vieille nation comme la notre qui cherche à bâtir son avenir sur des fondements suffisamment solides pour lutter contre les extrémistes et les populistes qui la menacent de toutes parts.

Justice et démocratie. Deux armes essentielles contre les vrais ennemis de la République qui, aux portes du pouvoir, se frottent aujourd’hui les mains. Faisons tout pour que, demain, le prix à payer de tout cela ne soit finalement pas aussi élevé qu’on peut légitimement le craindre.

 

La Conférence de Paris du 15 janvier est un obstacle à la paix

 

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4 janvier 2017

Communiqué du B’nai B’rith France

Le B’nai B’rith France dénonce la « Conférence internationale sur la paix au Proche-Orient » qui doit se tenir à Paris le 15 janvier prochain, organisée par la France, et à laquelle doivent participer 70 pays, en l’absence d’Israël.

Cette initiative dommageable, qui vise à tenter d’imposer à Israël une solution non négociée, est porteuse de grands risques pour la sécurité de la région et son avenir.

En écartant tout dialogue direct, « seul à même d’aboutir à des solutions de compromis autour d’intérêts mutuellement reconnus », cette réunion de Paris constituera un obstacle à la paix.

D’être organisée dans la précipitation, à cinq jours seulement du changement d’administration américaine, en dit long sur l’état d’esprit ambiant et sur les buts recherchés.

Après le récent vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution déséquilibrée contre Israël, et le discours décevant du Secrétaire d’Etat américain John Kerry qui a occulté la cause réelle du conflit à savoir le refus des dirigeants palestiniens d’accepter l’existence d’un Etat juif, une telle conférence cherche à mettre à nouveau Israël sur le banc des accusés.

Il ne fait guère de doute que les décisions de cette Conférence de Paris serviront de trame pour une nouvelle résolution inappropriée et déséquilibré du Conseil de sécurité de l’ONU, mettre Israël une fois de plus à l’index et tenter d’imposer des concessions.

Le B’nai B’rith France dénonce la tenue d’une réunion qui veut imposer des conditions concernant les statuts définitifs alors qu’elles doivent être négociées directement entre les parties. Le B’nai B’rith France dénonce la tenue à Paris d’une réunion qui récompense une stratégie qui veut éviter les négociations directes et encourage les sanctions contre Israël.

La paix comme l’a déclaré le Président Obama en 2011 « ne viendra pas par des déclarations et des résolutions au sein des Nations Unies ».

Ces pressions incessantes contre Israël, qui visent avant tout à lui imposer unilatéralement une solution non négociée, sont indignes, irresponsables et porteuses de grands dangers pour son avenir et pour celui de la région.

Que cette Conférence se tienne dans ces conditions n’est pas acceptable.

Face à ces menaces et à ces dangers, pour réaffirmer son soutien à Israël et au principe d’un dialogue direct pour arriver à la paix, le B’nai B’rith France appelle à participer à la manifestation organisée par le CRIF et les principales institutions juives de France dimanche 15 janvier devant l’Ambassade d’Israël en France à Paris.

Résister, encore et toujours

 

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12 décembre 2016

La fête de Hannoucca commémore la réinauguration de l’autel des offrandes dans le second Temple de Jérusalem, trois ans après son interdiction par Antiochus IV et l’insurrection militaire des Maccabées, amenés par le prêtre Mattathias l’Hasmonéen, et leur victoire sur les armées séleucides. Selon la tradition rabbinique, nous célébrons chaque année à partir du 25 kislev le miracle de la fiole d’huile qui se produisit alors permettant aux prêtres du Temple de faire brûler pendant huit jours une quantité d’huile suffisante pour une seule journée. Mais au-delà de ce miracle, la fête de Hannoucca symbolise la résistance spirituelle du judaïsme à l’assimilation grecque.

Résister. Un maître-mot qui marquera toute l’histoire du peuple juif face à ses ennemis et aux épreuves qu’il endurera sans discontinuité. Que ce soit dans l’histoire biblique, au moyen-âge, où dans l’époque contemporaine, la résistance a toujours fait partie du quotidien du peuple juif et lui a permis de traverser les épreuves en restant debout, uni et fort. Et au-delà de notre propre sort et de nos propres ennemis, cette résistance juive s’est de tous temps dressée contre les haines, les injustices, les barbaries, les persécutions de toutes sortes. Nombreux sont les exemples à travers les époques où les juifs ont combattu, bien sûr leurs ennemis, mais aussi les ennemis de la liberté, de la démocratie, et des valeurs humaines. Non seulement parce que ces ennemis-là ont toujours commencé par combattre les juifs avant de s’en prendre au reste de l’humanité, et qu’il a donc fallu s’en défendre sans faiblir, mais également parce que la résistance à l’oppression et aux malheurs d’où qu’ils viennent et quels que soient ceux qu’ils frappent fait partie de notre histoire, de nos valeurs, de notre identité, de notre message universel que nous adressons aux nations.

Plus que jamais, nous nous avons en tant que juifs et en tant que citoyens le devoir et la responsabilité de résister aujourd’hui et demain à nos ennemis, à ceux qui les soutiennent, et plus largement à tous ceux qui cherchent à affaiblir et à détruire nos sociétés. La liste est longue.

Les terroristes islamistes qui tuent sauvagement hommes, femmes et enfants à Jérusalem, à Paris, à Bruxelles, à Nice ou au Caire.

Les diplomates de l’UNESCO qui nient honteusement aux juifs – mais aussi aux chrétiens – leurs liens historiques avec Jérusalem et la terre d’Israël.

Les antisémites qui ont encore sur eux les habits traditionnels et usés des pages les plus sombres de notre histoire ou qui ont revêtu ceux, plus modernes, de l’antisionisme militant, et qui partagent tous la même haine ancestrale et viscérale des juifs où qu’ils soient.

Enfin, les populistes, les démagogues et les extrémistes de tous bords, en France comme ailleurs en Europe ou dans le monde, qui sont à nos portes ou qui les ont déjà franchies, et qui en attisant les peurs d’un monde souvent complexe et dangereux, sèment les divisions, les replis sur soi, et les rejets de l’autre, avec tous les risques qui en découlent. Leurs discours, leurs méthodes et leurs objectifs sont à l’encontre de tout ce que les juifs et au-delà, tous les défenseurs des valeurs de la République et de la démocratie, incarnent, défendent et portent depuis toujours et pour toujours. Défendre sans compromis nos valeurs de lumière, de fraternité et de liberté est une nécessité pour qu’elles ne soient pas remplacées par celles de l’obscurantisme, de la haine et de l’asservissement. Leur barrer la route est une nécessite pour poursuivre la nôtre.

Leur résister parce que, finalement, leur but à tous est le même.

Leur résister parce que, hier comme aujourd’hui, cela a toujours été notre réponse.

Leur résister parce que nous les avons toujours vaincu.

Leur résister parce qu’il en dépend, une fois de plus, notre avenir et celui de nos enfants.

PM

 

 

Bon anniversaire Monsieur Kirk Douglas !

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9 décembre 2016

Kirk Douglas a 100 ans aujourd’hui. Le destin magnifique d’un petit garçon, né Issur Daniélovitch Demsky le 9 décembre 1916 dans l’Etat de New York, fils de chiffonniers juifs ayant fui la Biélorussie pour survivre à l’antisémitisme, devenu une figure de légende du cinéma américain aux plus de 90 films et l’un des acteurs les plus populaire au monde. Respect.

 

Le B’nai B’rith France a reçu le président du Crif

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6 décembre 2016

Dans le cadre du cycle « Rencontre & Dialogue », le B’nai B’rith France a reçu le 5 décembre le Président du CRIF Francis Kalifat, élu en juin dernier.

Autour du Président du B’nai B’rith France Serge Dahan, du vice-président régional Ile de France Aris Hauptschein,.de membres du Bureau National du B’nai B’rith France, Philippe Meyer, vice-président, et André Ouazana, Trésorier, du Président d’Honneur Yves Kamami, de nombreux président(e)s de Loges et des membres du BBF de toute la région Ile de France, la soirée « Rencontre & Dialogue » s’est tenue devant une salle comble au Centre communautaire de Neuilly-sur-Seine.

Dans ses propos d’introduction et de bienvenue, le Président Serge Dahan, également membre du Bureau Exécutif du CRIF, a chaleureusement remercié Francis Kalifat pour sa présence.

Il a réaffirmé les valeurs communes et a rappelé le contexte difficile dans lequel vit la communauté juive, et plus globalement la communauté nationale, depuis de nombreux mois, en soulignant la contribution du B’nai B’rith France aux actions du CRIF aux combats communs : la lutte sans compromis contre l’antisémitisme, la défense sans faille de l’image d’Israël, la préservation indispensable de la mémoire, et la promotion des valeurs et de la culture juive.

Serge Dahan a souhaité féliciter son invité pour la 7ième convention du Crif qui s’est tenue dimanche 4 décembre à Paris et qui a été un grand moment d’échange et de débat sur l’avenir de la France. Convention qui portait le thème de « Si on parlait de la France? Français, Juifs et citoyens ».

Le Président du CRIF Francis Kalifat, qui s’est dit particulièrement heureux d’être là avec les membres du B’nai B’rith qu’il connait bien, a tout d’abord présenté son institution, son histoire, son rôle, son fonctionnement, avant de répondre à de très nombreuses questions de la salle autour de plusieurs sujets clés sur les grands enjeux et les préoccupations de la communauté juive.

Ont notamment été abordés l’actualité politique à l’approche des élections présidentielles en France et l’importance des questions économiques dans la France d’aujourd’hui, la montée des populismes, le dialogue interreligieux et en particulier avec l’islam de France, la lutte contre BDS, les récents votes anti-israéliens à l’UNESCO et la position de la France, la menace terroriste persistante, l’action du CRIF avec les journalistes, le travail en commun entre le B’nai B’rith France et le CRIF, ou l’évolution actuelle de l’Aliya.

A l’issue de ce moment de dialogue intense, sincère et fraternel, et empreint d’une réelle amitié, les échanges ont pu se poursuivre autour d’un buffet offert pour l’occasion.

Bonne tenue

 

25 novembre 2016

 

Hier soir, un débat de très bon niveau qui fait honneur à la classe politique française si souvent décriée. Rappelons-nous les débats calamiteux Trump-Clinton pour mesurer la différence. On pourra simplement regretter que la technique l’ait parfois emporté sur la vision. Mais c’est le mal de l’époque.
On aura eu d’un côté le favori qui gère son image de force tranquille et sa large avance de dimanche dernier, et de l’autre le challenger qui cache son agacement et tente de remonter la pente.Fillon n’a pas fait d’erreur majeure et Juppé n’a pas marqué de points décisifs.
Au final, le rapport de force ne devrait pas être modifié et François Fillon l’emportera vraisemblablement dimanche.

Entre inquiétudes et espérance

 

Paru dans : the-times-of-israel-logo

http://frblogs.timesofisrael.com/entre-inquietudes-et-esperance/ .

1er novembre 2016

Le début d’année est toujours le moment privilégié d’une rétrospective, d’un bilan, d’une projection. En ce début d’année juive 5777, nous aurions aimé tenir des propos optimistes, apaisés, rassurés. Malheureusement ce sera bien difficile. Comme citoyens et comme juifs, nous sommes, et nous restons inquiets.

Inquiets de voir que les juifs demeurent des cibles – encore et toujours. 

Comment supporter qu’après Ilan Halimi, Toulouse et l’Hypercacher, des juifs portant la kippa soient encore poignardés à Marseille, à Strasbourg ou ailleurs par des assassins islamistes qualifiés honteusement de « déséquilibrés » ?

Comment supporter cette haine anti-juive qui s’installe au quotidien à travers ces actes d’antisémitisme ordinaire et cet antisionisme toléré ?

Comment supporter que des juifs doivent quitter des zones géographiques en France où il leur est devenu de facto impossible de vivre ? Des zones de non-droit fermées dans le même temps à la République.

Comment supporter que dans les rues de Paris ou d’ailleurs, les militants de BDS continuent de déverser leurs appels illégaux au rejet d’Israël, et en réalité au rejet des juifs ?

Comment supporter qu’une instance internationale comme l’UNESCO, sensée promouvoir l’éducation et la culture, dénie régulièrement tout lien historique entre le Peuple juif et Jérusalem, sous la pression de certains pays arabes et avec le laisser-faire de la France ?

Inquiets de voir, comme nous le disions depuis longtemps, et comme l’histoire l’a toujours montré, que les juifs n’étaient que les premières cibles des ennemis de la liberté. 

Notre société dans son ensemble a été meurtrie comme jamais. On a vu à quel point les ennemis des juifs et les ennemis de la République sont les mêmes. On a vu à quel point combattre à Paris, à Bruxelles ou à Jérusalem la haine des juifs c’est défendre partout la démocratie.

Au-delà d’enfants juifs tués avec leur jeune père et professeur devant leur école, et de citoyens juifs abattus alors qu’ils venaient faire leurs courses de Chabbat, les djihadistes ont assassiné lâchement et aveuglement des militaires, des journalistes dans leur salle de rédaction, des jeunes au Bataclan et sur des terrasses de cafés, des policiers devant leurs enfants, des familles sur la promenade des Anglais, un prêtre de 86 ans dans son église. Tous, des symboles de notre société dont l’islamisme radical veut détruire les racines, le mode de vie, et l’identité même.

Loin de tout « devoir d’empathie » face aux assassins que certains cherchent honteusement distiller ici ou là, tous ces actes ignobles et ceux qui les ont commis ne suscitent que le dégoût et n’appellent qu’à une condamnation sans appel, et surtout à une mobilisation totale pour les combattre.

Chaque fois, une limite dans l’horreur est franchie. Et qui peut dire que le pire est derrière nous ? Daech commence à subir à Mossoul ou ailleurs des défaites militaires qui laissent espérer changer la donne. Mais le combat sera long, difficile et douloureux. Et tant reste à faire, ici, pour combattre le mal dans les quartiers, les écoles, les prisons ou sur internet, avec tous ceux qui ont conscience de la gravité de la situation et de ses enjeux.

Inquiets enfin de voir les conséquences de ces menaces sécuritaires sur un débat politique souvent malsain qui s’installe dans notre pays.

Les dérives vers une laïcité extrême, supposée naïvement par certains être une réponse à l’islamisme radical, font courir aux juifs des risques collatéraux inacceptables et à la République un risque pour sa cohésion.

La laïcité, ce n’est pas tout confondre et tout interdire. Par lâcheté ou par ignorance. Pour citer le Grand Rabbin de France Haim Korsia : « La laïcité, ce n’est pas l’athéisme d’Etat ».

Comme partout en Europe, le climat anxiogène nourrit la démagogie, les populismes et le retour de nos vieux démons. Leur barrer la route est nécessaire pour poursuivre la nôtre.

Lutte contre le djihadisme. Lutte contre les extrémismes. Lutte contre les populismes. Les mois à venir seront décisifs pour les juifs de France et pour notre société dans son ensemble qui est à la croisée des chemins : se défendre et rester elle-même, ou baisser les bras et se perdre.

Mais dans ce climat difficile, il convient de rappeler en ce début d’année la réponse qui a toujours été celle du judaïsme à la haine, à la barbarie, et à la folie du monde.

Le judaïsme, c’est la priorité donnée à la vie et à la paix.

Le judaïsme, c’est l’éducation, la transmission et la construction d’écoles.

Le judaïsme, c’est la fraternité, la solidarité, et la générosité.

Le judaïsme, c’est la fierté de notre identité, tout en respectant celles d’autrui.

Le judaïsme, c’est résister, rester debout et continuer de vivre, sans renoncements.

Le judaïsme, c’est la confiance dans l’homme et dans l’avenir.

Cette réponse du judaïsme a été portée par ces grandes voix juives qui se sont éteintes l’année écoulée : Samuel Pisar, Shimon Peres, le Grand Rabbin Joseph Sitruk, et bien sûr, ce géant de la conscience humaine, Elie Wiesel, pour qui : « Le judaïsme n’a pas vocation de judaïser le monde, mais de l’humaniser ».

Cette réponse du judaïsme est le reflet de nos valeurs et de notre histoire. Elle est un message universel pour espérer et donner à espérer. Une espérance qui est au cœur de la foi et de l’identité juive. Une espérance dont notre société a aujourd’hui tant besoin.

Nos ennemis ne parviendront pas à nous décourager et à nous faire dévier de notre route. Avec volonté et énergie, unis et solidaires avec tous les défenseurs de la République, nous les ferons échouer. Ici comme ailleurs, pour construire ensemble des jours meilleurs.

Philippe Meyer

Et si d’un mal pouvait sortir un bien ?

terrorisme

21 juillet 2016

Les terribles épreuves que subit la France depuis des mois, et les blessures profondes qui lui sont infligées par un terrorisme islamiste aussi barbare que criminel, obligent notre société à une adaptation en profondeur et sans précédent pour y faire face.

La haine djihadiste sème la mort partout sur son passage, tuant sans distinction hommes, femmes et enfants, dans les écoles, les commerces, les salles de rédaction, les lieux de spectacles, les terrasses, les stades, les domiciles, les promenades au bord de la mer. Une guerre a été déclarée à la France par un ennemi qui n’obéit à aucune règle, qui se masque, qui n’a ni morale ni valeurs, qui a souvent grandi dans nos écoles et dans nos quartiers, qui n’a pour seul objectif que de tuer des civils  innocents. Tuer pour tuer, par allégeance à une guerre dite sainte et qui est la plus sale qui soit. Cette guerre d’un nouveau temps nécessite, pour la gagner, une préparation, des moyens, une mobilisation et un état d’esprit, bref une réponse d’un nouveau type. Les repères ont changé. Les références ont changé. L’ennemi a changé. Ne pas le comprendre nous expose à la défaite. Or cette défaite est impossible, interdite. Elle marquerait pour la France comme pour toutes nos sociétés démocratiques la fin de notre histoire, de notre culture, de notre avenir.

La France est entrée dans cette nouvelle guerre, et ce probablement pour longtemps, mais elle n’est ni la première ni la seule à devoir y faire face. D’autres avant nous, et en même temps que nous, sont attaqués par les mêmes barbares portant la même haine. Et voilà que petit à petit, certains commencent à regarder de plus près, à analyser, et à essayer de comprendre la lutte quotidienne que mène un petit pays face à ce terrorisme, Israël. Ce pays, soumis jusque-là à une critique systématique de tant de bien-pensants, à qui on demandait une réaction de défense « mesurée », qui était accusé de tous les maux, pourrait-il maintenant être un modèle dans cette lutte contre la terreur et l’obscurantisme ?  Un modèle pour apprendre et pour agir.

Ce modèle, c’est un pays qui, menacé de destruction depuis le jour de sa création, lutte avec un courage exemplaire au quotidien contre ces mêmes ennemis de la liberté et de la démocratie qui nous ciblent désormais, sans rien céder, sans relâchement, sans compromis.

Ce modèle, c’est une société unie, solidaire, dynamique, positive, en alerte permanente, préparée à combattre la terreur dans tous les aspects de sa vie quotidienne, et qui sait mobiliser son énergie et sa créativité pour sa survie et à travers elle celle de l’humanité toute entière.

Ce modèle, c’est un peuple qui malgré cet effort permanent, difficile et douloureux, et qui a toujours payé un prix sans pareil pour son droit à l’existence, accumule jour après jour les réussites économiques, culturelles ou scientifiques parmi les plus spectaculaires au monde. Un pays qui  porte un message universel fait des valeurs humaines inscrites au cœur du judaïsme laissant toujours la priorité à la liberté, à la vie et à l’avenir. Un pays qui met ces valeurs en application dans toutes ses réalisations et dans tous les moyens employés pour sa construction et sa défense.

C’est ce modèle-là que certains commencent aujourd’hui à découvrir.

C’est ce modèle-là dont certains pourraient demain s’inspirer pour mener cette guerre qui ne ressemble à aucune autre.

C’est ce modèle-là qui montre au monde depuis plus de soixante-huit ans que l’on peut – et que l’on doit – vivre malgré la menace de la terreur, même si on ne peut s’y habituer, et mieux, que l’on peut la vaincre pour peu qu’on y soit réellement préparé, qu’on connaisse son ennemi, qu’on le nomme sans complexe, qu’on prenne les mesures nécessaires pour l’éradiquer, et surtout qu’on partage une ambition et une espérance collective au service de principes et de valeurs reçus en héritage de ses parents et dont on tient plus que tout à transmettre à ses enfants sans laisser personne s’y opposer et les mettre en danger.

Alors oui, d’un mal pourrait, comme souvent, sortir un bien.

Ironie du sort, les terroristes islamistes, en s’en prenant de façon aussi  ignoble et criminelle à la France, pourraient finalement – et bien malgré eux – permettre de renforcer ses liens avec Israël en l’incitant à se rapprocher de ce modèle qui a fait ses preuves, pour les faire plier. Ce serait sans doute la plus grande défaite de ces barbares. Et notre plus grande victoire.

 

Philippe Meyer

Au coeur du désordre

 

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14 juin 2016

Des sirènes de police entendues toute la journée, des scènes de guérilla urbaine en plein Paris, des forces de l’ordre caillassées alors qu’elles sont en deuil de leurs collègues assassinés sauvagement la veille par un islamiste … plus de mots. Et pendant ce temps là, des millions d’européens ont les yeux rivés sur nous en pleine compétition sportive. La France s’enfonce dans un désordre total. Certains portent une responsabilité historique de cette descente à hauts risques et aux lendemains difficiles.

« Etre juif et français en Europe : quel avenir? quels projets? »

 

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9 juin 2016

Introduction au débat « Etre juif et français en Europe : quel projet, quel avenir ? »
Grand Rabbin Gilles Bernheim – Alexandre Adler
8 juin 2016

D’abord, un rapide rappel historique

– L’histoire des juifs d’Europe a 2 000 ans ; elle a toujours été passionnelle et paradoxale.
– D’un côté, une terre d’accueil, d’émancipation, de développement. Celle de Freud, d’Einstein et de Lévinas.
– D’un autre côté, une terre de violences, de pogroms, de génocide. Le plus grand cimetière juif au monde, dans une civilisation si cultivée et éclairée.
– L’Europe compte aujourd’hui 1 400 000 juifs (0.2% de la population totale et 11% de la population juive mondiale), contre 9 500 000 juifs en 1933 (60% des juifs dans le monde à l’époque).
– Et pourtant, l’Europe continue de véhiculer la haine des juifs.

Ce paradoxe historique nous amène à un constat que nous faisons tous

– Depuis 15 ans, l’antisémitisme, dans son expression violente, est de retour.
– Il s’est installé, généralisé, banalisé.
– Menaces contre la liberté de culte, agressions verbales, violences physiques.
– Ce nouvel antisémitisme a différentes expressions, différents degrés, mais il a partout un point commun : une haine du juif à nouveau décomplexée à travers la haine d’Israël, politiquement plus acceptable.
– Quand on appelle au boycott d’Israël, c’est le rejet du juif que l’on revendique.
– Quand on réécrit l’histoire des juifs, à l’UNESCO ou ailleurs, c’est leur avenir que l’on remet en cause.
– Quand on crie « mort aux juifs », le passage à l’acte n’est pas loin.
– Hier l’antisémitisme traditionnel, aujourd’hui l’antisionisme militant.
– Au final, rien n’a changé.

Cet antisémitisme relooké s’inscrit dans un environnement européen propice et porteur de forts risques pour l’avenir

– Une diplomatie européenne déséquilibrée au Proche et Moyen Orient, fruit d’une realpolitik rarement favorable à Israël.
– Une pensée unique partisane dans de nombreux médias, aux conséquences que l’on sait dans de nombreux quartiers.
– La persistance durable d’une menace terroriste islamiste généralisée.
– La montée des populismes et des nationalismes.
– La crise des migrants.
– L’évolution démographique de l’islam dans la plupart des pays européens.
– La crise identitaire d’une Europe en panne politiquement et économiquement.

Pourtant, les raisons d’espérer ne manquent pas

– Un engagement ferme des Etats à lutter contre toute forme d’antisémitisme.
– Une amitié judéo-chrétienne forte et solide.
– Une prise de conscience que les juifs ne sont que la première cible des terroristes.
– Surtout, une volonté sans faille des communautés juives d’Europe, et notamment en France, de continuer à vivre pleinement et à se développer.

Mais au final, les inquiétudes sont fortes et de nombreux juifs quittent l’Europe pour construire leur vie ailleurs.
Combien restera-t-il de juifs en Europe dans 50 ans ?

D’où ces trois questions pour notre réflexion de ce soir :
1. Pourquoi l’Europe a-t-elle ce problème historique et viscéral avec ses juifs ?
2. Face à cette histoire et à ce présent, quel est l’avenir des juifs en Europe ?
3. Qu’est-ce qui pourra changer la donne ?